La Matrix du changement

Matrix

Alors que je regardais Matrix pour la énième fois, il m’est apparu que ce film était une métaphore illustrant à merveille les 4 faces du changement…

Qu’est-ce que les 4 faces de changement ?

  • Phase 1 : prise de conscience
  • Phase 2 : résistance
  • Phase 3 : acceptation
  • phase 4 : transcendance

Ce que je partage aujourd’hui avec vous est le fruit d’une réflexion personnelle et qui, bien entendu n’engage que moi et mes croyances sur l’accompagnement.

Au cours d’un changement, on peut observer 4 phases… comme les 4 faces d’un dé, les 4 faces du changement…

Matrix, pour ceux qui ne connaissent pas ce film, est l’histoire d’un homme, Néo, qui vit dans un monde dominé par les machines. Ces machines ont fait de l’homme une source de « bio-électricité ». Elles cultivent des humains dans une machine appelée « la matrice » qui se charge de créer un monde virtuel où les humains évoluent sans savoir qu’ils ne sont pas dans la « vraie réalité », fournissant au travers de leur activité cérébrale, de la bio-énergie.

Nos sens nous trompent et, puisque le cerveau ne fait pas la différence entre ce que l’on imagine et la réalité, il suffit de croire que c’est vrai, de l’éprouver avec nos sens pour cela SOIT VRAI. C’est l’idée d’un rêve duquel on ne se réveillerait pas – puisqu’exception faite des rêveurs lucides – la plupart des gens ne font pas la différence quand ils rêvent, et c’est seulement en se réveillant qu’ils prennent conscience du fait qu’ils rêvaient. C’est aussi ce qui fait que certains rêvent nous bousculent émotionnellement, parce que le cerveau l’a perçu comme une réalité…

Partant de ce postulat, Néo, vit sa vie dans ce monde virtuel. C’est alors qu’un certain Morpheus va prendre contact avec lui, croyant que Néo est l’élu qui va libérer les humains prisonniers de la matrice, ainsi que le monde réel où vivent ceux qui ne sont pas dans la matrice, comme des rebelles. Au travers d’un choix (car nous avons toujours le choix), il va lui proposer de choisir la pilule bleue (qui lui permet de se réveiller le lendemain en ayant oublié sa rencontre avec Morpheus) ou la pilule rouge (qui le réveillera de la réalité virtuelle dans laquelle il a grandit). En prenant la pilule rouge, il va faire une prise de conscience. Il va découvrir que toute sa vie est un mensonge et que tout ce qu’il croyait vrai n’était qu’illusion.

Cette prise de conscience est la première face du changement. Elle permet de se rendre compte que quelque chose ne fonctionne plus comme avant. Qu’un changement va être nécessaire. En accompagnement, cela se fait par un questionnement qui aide la personne à comprendre comment elle fonctionnait jusque là, et qu’est-ce qui fait que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Certains comportements restent fonctionnels toute notre vie. D’autres changent. Et quand le moment du changement est venu, une prise de conscience s’opère. Pourtant, cette prise de conscience n’est pas toujours suffisante pour que le changement se fasse…

Néo, une fois « déconnecté » du monde virtuel va découvrir « la réalité ». Pourtant, même s’il a pris conscience de cette réalité et compris qu’un retour en arrière dans son ancienne vie ne serait pas possible, il est loin d’avoir mis en place les changements qui vont lui permettre d’avancer. Une prise de conscience qui le mène à la face 2….

La phase de résistance est la seconde face du changement. Il s’agit du moment où tout votre être à l’intérieur se rebelle contre le changement. Cela entraîne différentes émotions (peur, colère, tristesse, rejet ou même encore déni….). C’est comme si le corps (l’inconscient en hypnose) résistait au changement. Pour quelle raison ?

Parce que le changement, ce n’est pas anodin. L’inconscient peut avoir de nombreuses « bonnes » raisons de ne pas changer. Une peur qui bloque (la peur de l’inconnu, la peur de l’échec…) ; une conséquence du changement qui se traduirait sous forme d’inconvénient à laquelle le conscient n’a pas pensé (« arrêter de fumer fait grossir » ; « changer de métier c’est prendre le risque du chômage »….) ; une croyance limitante (« je ne suis pas capable de trouver l’homme qui me correspond »…) ; un conflit de valeurs (valeur autonomie versus valeur confort : « je veux être auto-entrepreneur mais j’ai besoin d’un confort matériel » ;valeur liberté versus valeur sécurité: « je veux divorcer et être libre mais j’ai besoin de sécurité »…) ; ou encore un besoin à nourrir (être aimé, être accepté, être reconnu, se protéger, survivre…).

C’est alors que Néo, après avoir rejeté cette nouvelle réalité, continue son cheminement vers une troisième phase, l’acceptation. Un peu comme si, après avoir digéré l’information, il pouvait à présent lâcher prise sur sa réalité. Et dans cette phase, c’est d’abord l’intellect, le rationnel qui accepte. Mais encore une fois, ce n’est pas suffisant. Le changement se situe, dans les phases 1,2 et début de la 3 à un niveau mental, conscient. On le voit alors qu’il s’entraine au combat dans une salle virtuelle avec Morpheus. Celui-ci tente de « libérer son esprit » en lui apprenant à intégrer d’un niveau mental, rationnel à un niveau plus profond, plus émotionnel, de l’ordre de la croyance. Il lui dit :

 » J’essaie de libérer ton esprit Néo. Mais je ne peux que te montrer la porte. Tu es le seul qui peut la traverser. »

Pourtant, au moment de tester la mise en place de sa nouvelle croyance (à savoir que le monde virtuel n’est pas réel), Néo échoue. Il lui propose de sauter d’un immeuble pour en atteindre un autre plus loin, mais Néo chute.

Le cheminement du changement se poursuit…

Il rencontre alors un enfant, chez l’Oracle. Celui-ci s’amuse à tordre des cuillères par son esprit, par télékinésie. Il lui dit :

« – N’essaie pas de tordre la cuillère, c’est impossible. Essaie plutôt de réaliser la vérité. Il n’y a pas de cuillère. Et alors, tu verras que ce n’est pas la cuillère qui se tort, seulement ton esprit. » 

Chaque personne étant différente, ce cheminement peut se faire à un rythme variable. Et il y a aussi d’autres variables qui entrent en compte. Comme « l’urgence du changement ». J’ai souvent été étonnée de constater que des personnes ayant eu de gros traumatismes avec des histoires « trashs » (inceste, viol, …) arrivaient à changer plus vite que d’autres qui venaient travailler des sujets qui pourraient paraitre « moins graves » (même si j’ai la croyances qu’il n’y a pas de hiérarchie des problèmes).

Pour quelles raisons ? Probablement parce qu’une personne qui est dans l’urgence du changement saura (à un niveau inconscient) dépasser plus rapidement la phase de résistance. Par exemple, une personne qui vient d’avoir un accident et doit se faire recoudre à vif saura plus facilement entrer en état d’hypnose parce qu’il en va de sa survie, de sa douleur, de rentrer dans cet état. La même personne qui viendrait travailler sur l’arrêt du tabac mais ne serait pas malade où ne serait pas dans l’urgence du changement n’aurait peut être pas arrêté de fumer rapidement parce que la possibilité hypothétique de développer un cancer ne pèserait pas suffisamment dans la balance face aux bénéfices secondaires (par exemple le plaisir que fumer procure). Cela ne veut pas dire que le changement ne se produira pas. Cela peut juste prendre plus de temps de trouver les leviers de motivations pour créer le changement…

Enfin, quand l’intégration d’une nouvelle croyance acceptée passe du conscient à l’inconscient, du mental à un niveau plus profond, le changement survient.

Dans Matrix, Néo se retrouve à un moment où sa vie est en danger. Il est sur un toit, face à un agent qui lui tire dessus. Et tout à coup, il se met à se mouvoir à une vitesse incroyablement rapide, esquivant les balles. Quelque chose à bougé, et cela s’est fait sans effort conscient. Comme si l’information consciente et rationnelle s’était intégrée à un niveau plus émotionnel, plus profond. La croyance nouvelle est en train de devenir vérité pour Néo.

« Il commence à croire. » Morpheus

Plus loin dans l’histoire, la croyance va finir d’être complètement intégrée et trouver sa place à l’intérieur de son monde inconscient grâce à un levier de motivation puissant, l’amour. Alors qu’il a été terrassé par des balles et git à terre, celle qui l’aime va lui déclarer sa flamme et sa croyance qu’elle a en lui, du fait qu’il est élu. Comme un « switch » qui s’opère à l’intérieur, il se relève, extrait les balles de son corps. C’est le moment où, en le regardant, on sent que quelque chose a changé (dans sa posture, son regard…), il n’est plus le même. Il voit alors dans la matrice. Il a désormais la capacité de battre l’ennemi. Il est devenu « l’élu ».

C’est la dernière face du changement, la transcendance. C’est le moment où la croyance a été tellement intégrée, qu’elle est maintenant une réalité à tous les niveaux pour la personne. Des changements se mettent en place, de manière naturelle et fluide, comme une évidence. Des changements qui nous poussent à nous dépasser. À devenir qui nous sommes vraiment.

La dernière scène du film pourrait s’apparenter à un discours du « changement » à l’ancienne version inchangée, de l’inconscient au conscient, du monde intérieur au monde extérieur :

« Je sais que tu as peur de changer. Je ne connais pas me futur. Je ne suis pas ici pour te dire comment ça va se terminer. Je viens à toi pour te dire comment ça commencer (…) Je vais te montrer un monde où tout est possible. » Néo.

2 comments

  • Bonjour, je suis intéressée par votre commentaire sur ce film car moi aussi je suis fan de Matrix et c’est évident que ce film peut être vu avec différentes grilles de lecture.
    Selon mes différents visionnages, le film propose de nous montrer comment Néo sort de la conscience collective ( représentée par les hommes en noir et tous les citoyens ) afin de devenir un homme libre, pleinement accompli qui ne survit plus comme on nous lapprendtmais qui vit et se réalise. Les personnages qui l’entourent dans le vaisseau représentent ses différentes émotions et facettes et tout le travail qu’il fait sur lui.
    Voilà j’avais envie de le partager avec vous car on évolue tous ensemble!

    • Bonjour Camille,

      Je trouve votre lecture du film interessante et je suis tout à fait d’accord avec vous, ce film (comme les autres d’ailleurs), peut être vu avec différentes grilles de lecture. En PNL on dit même que « la carte n’est pas le territoire » et que chaque personne voit la réalité au travers de ses filtres (expériences, croyances…). Et qu’il y a donc autant de réalité que d’individus. Pourquoi cela serait-il autrement pour les films 😉

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