La théorie des Intelligences Multiples selon Howard Gardner

Intelligences Multiples

Alors qu’à une époque pas si lointaine, le test du Q.I d’Alfred Binet régnait en maitre tout puissant sur l’Intelligence, aujourd’hui, de nouvelles théories de l’Intelligence ont émergé et, notamment, celle des Intelligences Multiples d’Howard Gardner, dans les années 80.

« L’Intelligence est trop importante pour la laisser aux mains des fabricants de tests. » Howard Gardner.

Bien que non validée par la recherche expérimentale, cette théorie reste intéressante pour sa conception plurielle, contextuelle, distribuée et individualisée de l’Intelligence.

Qu’est-ce que l’Intelligence ?

Selon Wikipédia, l’Intelligence est l’ensemble des processus qui permettent de comprendre, d’apprendre ou de s’adapter à des situations nouvelles. D’un point de vue scientifique, aucun consensus n’est établi et l’Intelligence reste un concept mal défini par les scientifiques. Binet, de son temps, avait coutume de répondre à la question de la définition de l’Intelligence par une boutade (un peu vaniteuse), en disant « c’est ce que mesure mon test ».  Gardner, quant à lui, parle d’une capacité à résoudre des problèmes ou à produire des biens culturels.

Quelle est la différence entre l’Intelligence telle que la concevait Binet et telle que la conçoit Gardner ?

Binet avait une conception unitaire de l’Intelligence et le test du Q.I ne mesure qu’une partie des différentes formes d’Intelligences dont nous disposons ; à savoir l’intelligence logico-mathématique et l’intelligence langagière.

Alors qu’elles sont les autres formes d’Intelligences ?

À l’époque de son premier ouvrage, Gardner en dénombrait sept. Depuis, il y en a au moins deux qui ont été ajoutées. On trouve :

  • l’intelligence Logico-mathématique : aptitude à la logique, aux maths et aux sciences en général.
  • l’intelligence langagière : compétence qui permet de produire des constructions grammaticales.
  • lintelligence musicale : capacité à percevoir et produire de la musique.
  • l’intelligence spatiale : capacité à agir dans l’espace et à en construire une représentation mentale.
  • l’intelligence kinesthésique : capacité à résoudre des problèmes et à produire des biens culturels en utilisant tout ou partie de son corps.
  • l’intelligence interpersonnelle : capacité à comprendre les autres, leurs motivations, leurs intentions et à agir en conséquence.
  • l’intelligence intrapersonnelle : faculté de se former une représentation de soi fidèle et précise, et de l’utiliser efficacement dans la vie.

Les intelligences inter et intra personnelles sont liées ; l’une tournée vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur ; comme les deux faces d’une pièce que l’on pourrait apparenter au concept d’intelligence émotionnelle, mesurée aujourd’hui avec le Q.E, et très en vogue.

Deux autres formes d’intelligence ont été ajoutées depuis la première édition de l’ouvrage de Gardner, à savoir :

  • l’intelligence naturaliste : capacité de reconnaissance et classification des espèces (faune et flore) présentent dans son environnement.
  • l’intelligence existentielle (ou spirituelle) : capacité à se situer par rapport aux limites cosmiques et prise de position sur la condition humaine et les problèmes existentiels.

Les formes d’Intelligences : Innées ou Acquises ?

Chaque individu possède les caractéristiques de chaque Intelligence. Bien que l’on puisse avoir des prédispositions dans l’une ou l’autre, il est possible d’apprendre à toutes les utiliser et les développer.

La théorie des Intelligences Multiples à l’école ?

Gardner a été un précurseur dans ses idées en terme d’apprentissage, puisqu’il prônait une école où l’individu serait au centre du système. Chaque personne fonctionne et apprend différemment. Plutôt que d’enfermer les individus dans un modèle standardisé et limitant, Gardner rêve à un régime pédagogique aidant chacun à atteindre son potentiel maximal dans l’éventail des disciplines et des métiers. Il parle d’éduquer l’Intelligence et propose de mettre l’accent sur l’évaluation plutôt que sur les tests.

Pourquoi l’évaluation ?

L’avantage de l’évaluation est de recueillir des données sur les compétences et potentiels des individus, dans le double objectif de leur en faire un retour utilement, et de procurer des informations indispensables à la collectivité. L’évaluation est un moyen de recueillir des informations sur les performances en cours de travail et s’avère plus intéressante qu’une note à un test standardisé. C’est aussi une méthode plus écologique pour les enfants et adaptée aux différentes formes d’Intelligences. Alors, à quand une école où on apprend à apprendre avec des outils efficaces ? À quand une école où les enfants prendront du plaisir à apprendre parce qu’ils sauront comment utiliser leurs capacités et les développer ?

Même si cette théorie reste controversée, elle a le mérite d’ouvrir le champ des possibles sur le fonctionnement du cerveau. D’autres suivront ensuite, comme Tony Buzan, qui créera le MindMapping (outil d’apprentissage) ou encore Daniel Goleman et sa théorie de l’Intelligence Émotionnelle.

Un formateur m’a dit il y a peu de temps de ne pas chercher à changer le système frontalement, car il est peut-être trop rigide pour évoluer rapidement. L’idée serait alors d’y aller pas à pas, en formant et sensibilisant le public, les parents, les enfants, les enseignants… à des techniques d’apprentissage et de connaissance du cerveau.

Alors, qui sait, dans quelques années, peut-être que les générations suivantes regarderont en arrière et se demanderont comment on a pu faire autrement, à l’époque, qu’en utilisant nos capacités de manière optimales… ?

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